Saviez-vous que… Boulettes de laboratoire et boulettes de viande de mammouth

Par Christian Lüttmann 3 min Temps de lecture

Quand le premier hamburger à base de viande cultivée en laboratoire a-t-il fait son apparition dans les assiettes ? Comment le règlement sur les gaz fluorés a-t-il conduit à la disparition des frites dans les wagons-restaurants ? Et pourquoi la Lune rétrécit-elle ? Vous trouverez ici toutes ces curiosités et autres faits étonnants issus du monde scientifique, à parcourir, à admirer et qui vous feront sourire.

La viande cultivée en éprouvette pourrait un jour réduire le recours à l'élevage intensif (image symbolique).(Bild:  KI-generiert)
La viande cultivée en éprouvette pourrait un jour réduire le recours à l'élevage intensif (image symbolique).
(Bild: KI-generiert)

Saviez-vous que le premier hamburger à base de viande cultivée en laboratoire a été servi dès 2013 ? Composé de cellules musculaires cultivées, de betterave rouge pour la couleur, d’épices et de chapelure, il a été produit en trois mois : tout sauf du fast-food. Et loin d’être bon marché : les coûts de fabrication de ce premier hamburger s’élevaient à 250 000 euros.

Aujourd'hui, la situation a bien changé. Les progrès techniques en matière de production ont permis de réduire considérablement les coûts. Ainsi, l'entreprise américaine de technologie alimentaire Eat Just a déjà pu proposer des brochettes de poulet cultivé à moins de 14 euros ; à Singapour, cette viande de laboratoire a obtenu son autorisation de mise sur le marché en décembre 2020.

La réglementation freine le développement de la viande de laboratoire dans l'UE

Au sein de l'UE, nous n'en sommes pas encore là. Ici, c'est le règlement sur les nouveaux aliments qui définit quels nouveaux aliments sont autorisés à la consommation humaine. Et cela prend du temps. À cela s'ajoutent des préoccupations d'ordre éthique, des questions relatives à la durabilité et à la sécurité sanitaire, ainsi qu'à l'étiquetage et à la transparence concernant la viande issue de cultures cellulaires. Au-delà de ces incertitudes, la viande de laboratoire offre toutefois de nombreuses opportunités.

Avantages potentiels de la viande cultivée

Cela pourrait devenir une alternative durable à la viande issue de l'élevage intensif. La viande bovine, en particulier, présente une empreinte carbone élevée dans le cadre de la production traditionnelle par élevage, et nécessite de grandes quantités d'eau ainsi que de vastes superficies. Une production de viande de laboratoire aboutie et à grande échelle pourrait s'avérer rentable dans ce domaine.

La viande cultivée en laboratoire est désormais également en mesure de tenir sa promesse d’alléger la souffrance animale. Alors qu’au départ, on avait besoin de sérum fœtal de veau – dont l’obtention nécessitait l’abattage de vaches et de leurs veaux à naître –, il existe aujourd’hui les premiers milieux de culture à base végétale. Et même si, à l'heure actuelle, imiter la texture de la viande reste un défi de taille – ce n'est pas sans raison que la plupart des produits à base de viande cultivée sont des steaks hachés ou des nuggets de poulet –, la reproduction de cette texture s'améliore de plus en plus. De plus, la viande cultivée permet d’ajuster de manière ciblée la teneur en graisses et en protéines, d’y ajouter des vitamines et d’y incorporer d’autres nutriments sur mesure. D’un point de vue purement nutritionnel, cela permet ainsi d’obtenir un produit de très haute qualité.

Dans le cadre d’une campagne marketing, l’entreprise australienne Cultured Meat a même produit des « boulettes de viande de mammouth » : de la viande cultivée à partir de gènes de mammouth et d’éléphant. Reste à savoir si cela est compatible avec le bon goût. Une chose est sûre : aucun animal n’a dû mourir pour ces boulettes de viande – du moins pas au cours des 4 000 dernières années.

Plus d'informations sur le sujet :

Deutschlandfunk : Du burger in vitro à la boulette pour tous, 9 août 2023

GFI Europe : Le premier hamburger issu de la culture cellulaire fête ses dix ans, 5 août 2023

BZFE : Viande et poisson issus d'un bioréacteur, 24 mars 2026

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